MODE ET STYLE: Au Village Noah, les coiffures africaines exposent bien plus que le style

Le 14 mars 2026, le Village Noah s’est imposé comme un véritable carrefour culturel où esthétique et mémoire se sont rencontrées. À l’occasion de l’événement « Nos cheveux, notre fierté », initié par le collectif AFAN’A porté par Onogo Bidima Estelle, les coiffures ancestrales africaines ont été remises au centre du récit identitaire.
Derrière chaque tresse exposée, chaque motif dessiné, il ne s’agissait pas seulement de beauté, mais d’un langage. 

Les participants ont découvert que les coiffures, longtemps perçues comme de simples expressions esthétiques, étaient autrefois des marqueurs sociaux, culturels et même politiques. Elles pouvaient traduire l’âge, le statut matrimonial ou encore l’appartenance à une communauté.
Tout au long de la journée, conférences, ateliers pratiques et démonstrations ont permis de reconnecter les visiteurs à cet héritage souvent méconnu. L’événement a également donné une place importante à la transmission, notamment auprès des jeunes générations, invitées à redécouvrir une richesse parfois mise de côté au profit de standards esthétiques importés.

Pour Onogo Bidima Estelle, l’enjeu dépasse largement la question du style. Elle défend une vision où les cheveux deviennent un symbole d’affirmation culturelle et d’acceptation de soi. Dans un contexte où les influences extérieures redéfinissent les codes de beauté, cette initiative s’inscrit comme une forme de réappropriation identitaire.

L’ambiance sur le site oscillait entre célébration et prise de conscience. Défilés, performances artistiques et expositions visuelles ont contribué à créer une expérience immersive, où tradition et modernité dialoguaient sans opposition. Loin d’un simple événement culturel, « Nos cheveux, notre fierté » s’est affirmé comme un espace de réflexion sur l’image de soi et sur la place des héritages africains dans les sociétés contemporaines.

En redonnant de la visibilité aux pratiques capillaires ancestrales, cette initiative rappelle que les cheveux afro ne relèvent pas uniquement de l’esthétique. Ils portent une histoire, une identité et une mémoire collective que toute une génération redécouvre aujourd’hui avec fierté.

Martin Luther PII (Stg)