Fin d'année : l'équation du marché

29 décembre 2025 - 11:38

Les fêtes de fin d'années sont là, avec elles, les postes de dépenses se multiplient. Un rituel qui reste sensiblement le même chaque année tout comme l'augmentation des prix des produits sur le marché. Une inflation qui ne laisse pas d'autre choix aux consommateurs que de réduire les postes de dépenses ou tout simplement de renoncer à certaines habitudes.

La tendance dans les marchés 

Le marché revêt un attrait particulier à chaque fin d'année. En fonction des journées, Il y a du beau monde dans les allées et pour arriver à destination, il faut slalomer entre les étals, les brouettes, les vendeurs à la sauvette, une véritable épreuve sportive et un test d'agilité. C'était le cas la veille de la célébration de la nativité et il en sera de même dans 2 jours. Dans le 5e arrondissement de la ville de Douala, le marché de Bonamoussadi  souffle donc un peu  en cette matinée du 29 décembre en attendant le rush de la Saint Sylvestre. Maman Émilienne devant son stand de tomates au marché de Bonamoussadi nous confie ne pas prendre de risques : << c'est difficile, les gens font avec ce qu'ils ont. Je prends le même stock que d'habitude>>. Un autre vendeur de tomates confirme aussi la stabilité des prix de la tomate depuis le début du mois de décembre.

                 e92ec61b-e9aa-4737-b909-3ff0f890dd53.jfif (76 KB)   
Un autre aliment très consommé et qui occupe une place de choix sur les tables en cette période c'est le plantain. Si de manière générale c'est la période où il est abordable sur le marché, Roland, lui aussi commerçant au Maroc de Bonamoussadi nous indique que les enchères augmentent durant cette période festive : <<Le plantain qui coûtait 2500 coûte maintenant 3500. Mais dès que les fêtes vont passer, ça va encore baisser>>. Cette augmentation nous révèle t-il est la conséquence de l'augmentation du coût du transport.
L'un des produits phares pour toutes les périodes festives, c'est le poulet et  en ce moment, il faut disposer d'un budget conséquent. Toujours au marché de Bonamoussadi, un commerçant nous confie que les prix varient entre 3000 francs pour un poulet de moins de 40 jours, jusqu'à 10000 francs voire plus pour ceux d'au moins 5kg.

          e6710079-df45-424f-b8e7-7c6cdc167d46.jfif (577 KB)     7cd18788-6beb-4a0c-82bf-aa1e6d936fdf.jfif (64 KB)

Si pour l'heure tous les commerçants ne font pas de bonnes affaires , c'est encore moins évident pour les ménages de remplir le panier.

La Bataille du budget 

Gérer un budget au quotidien n'est pas toujours facile, et cela le devient encore moins durant les fêtes de fin d'année. Tout est extrêmement cher selon les personnes rencontrées. << Les familles camerounaises n'arrivent plus à manger le poulet qui était autrefois le plat favori des fêtes>>; << tout est chère, on jongle>>.
Les ménagères jouent plus que jamais les équilibristes en cette fin d'année car malgré les réalités du marché, il faut respecter scrupuleusement son budget. Pour remplir la table sans se ruiner, le poisson apparaît pour beaucoup comme l'alternative idéale. Ceux qui ne veulent pas changer renoncer à ce qui était prévu, réduisent les quantités, comme nous l'a confirmé une cliente venu faire ses courses au marché de Bonamoussadi : <<On ne change pas le menu, on réduit plutôt les quantités>>. Des palliatifs qui permettent de sustenter une famille et d'économiser pour la période de vaches maigres.

Les commerçants et les clients sont unanimes sur les difficultés financières des uns qui affectent les autres. Le mot d'ordre du côté des commerçants semble être de ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre. Pour preuve, ils font des achats raisonnable afin que la marchandise ne leur reste pas sous la main. Les consommateurs quant à eux se battent entre leurs envies et la réalité de leur bourse. Même s'il faut jouer des coudes, il y aura bel et bien un repas sur la table.

Nadine ENONGUE

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article