La première journée du Cameroon Dance Week a mis le Makunè à l’honneur ce 16 mars au Verand'Art du stade de la Cité Cicam. Danseurs, chorégraphes et passionnés se sont retrouvés autour de cette danse traditionnelle du peuple Bassa’a - Bati - Mpo’o, dans le cadre de ce salon international dédié à la promotion des expressions chorégraphiques camerounaises.
Le moment central de la rencontre, une conférence dansée consacrée à l’histoire et aux fondements du Makunè. Aux côtés de Patrick Manal et Dimitri Biyack, Cyrille Biboum est revenu sur l’origine de cette danse crée par Tjeck Tjeck originaire de Ndognjée dans le Nyong Ekelle. explique-t-il, le Makunè accompagnait les commerçants qui se rendaient au marché du week-end.« Le Makunè est une danse de mouvement et de marche. À l’époque, les commerçants l’exécutaient avant de prendre la route pour le marché. Elle servait à motiver le groupe qui marchait et à créer une énergie collective », explique Cyrille Biboum.La démonstration a également mis en lumière la dimension musicale de cette pratique. Avant l’apparition des percussions, le rythme était d’abord produit par les mains des danseurs, frappées selon une cadence particulière évoquant le son d’une tôle. Tam-tam, djembé et tambours sont ensuite venus enrichir l’accompagnement, souvent organisés autour d’un dialogue rythmique entre tambour masculin et tambour féminin.
Au-delà de la performance artistique, le Cameroon Dance Week entend structurer et valoriser la scène chorégraphique nationale. Pour son Directeur Artistique Mario Mpounde, l’événement se veut un espace de transmission et de visibilité pour les artistes.« Le CADAWEE est un salon international dédié à la danse. L’objectif est de créer un cadre où les artistes peuvent transmettre leur savoir, rencontrer d’autres professionnels et donner plus de visibilité à la danse camerounaise », explique-t-il.La journée s’est poursuivie avec plusieurs performances artistiques, avant de se conclure dans une ambiance conviviale autour de la danse Makune. Une première étape pour ce rendez-vous qui ambitionne de faire de Douala un point de rencontre majeur pour la danse au Cameroun.
Martin Luther PII (Stg)